To Be Autistic and to Love: A Fundamental Right
- Marie-Pier Leroux

- Dec 3, 2025
- 7 min read
One of the most persistent and harmful assumptions about autistic people is that because some of us experience social differences, we must also lack interest in romantic relationships. The idea often goes unspoken, but it is everywhere. In media portrayals, in clinical language, in how adults speak about autistic youth growing up, and in how society reacts when autistic people express a desire for intimacy, partnership, or marriage.
The message is subtle but constant: autistic people are seen as intellectually interesting but emotionally detached, socially awkward but romantically uninterested, complex but somehow childlike when it comes to love.
This is not only inaccurate. It is dehumanizing.
Autistic people, like all people, have emotional needs, relational desires, and dreams of connection. Some autistic people want long-term partnerships. Some want marriage. Some want physical intimacy. Others may want companionship without romance, or deep emotional bonds without sex. There is no single way to be autistic, just as there is no single way to love. What unites these experiences is not sameness, but legitimacy.
Being autistic may mean that dating is exhausting. It may mean struggling with small talk, not picking up on flirting, or overthinking social cues. Sensory sensitivities can make dates overwhelming, from loud restaurants to uncomfortable clothing to being touched unexpectedly. Communication differences can create misunderstandings, especially in a culture that expects indirectness, unspoken rules, and emotional guesswork.
None of these challenges mean absence of desire for connection. They mean a difference in how connection is navigated.
The problem is not that autistic people are incapable of love. The problem is that social systems are not built with autistic ways of being in mind.
Dating culture often assumes fast emotional processing, intuitive communication, and social stamina. It rarely leaves room for people who need explicit communication, slower timelines, fewer sensory demands, or routine for emotional safety. Autistic people are expected to adapt endlessly to neurotypical norms, but those norms themselves are rarely questioned.
It is not autistic people who lack capacity for love. It is society that lacks imagination.
As my own anniversary approaches, I find myself reflecting on how different love looks when you are autistic, and how much work society still needs to do to acknowledge that difference as valid rather than deficient. Autistic relationships often require communication that is clearer, consent that is more explicit, and care that is more intentional. That is not a weakness. It is a form of emotional literacy.
Love in autistic relationships often looks like consistency, routines that feel safe, direct communication, respect for sensory boundaries, and fierce loyalty. It may look quieter from the outside. It may not perform romance in familiar ways. But what is lost in performance is often gained in sincerity.
We are not incapable of intimacy. We often practice it with more honesty than the world expects.
Another damaging myth is that autistic people are either too vulnerable for relationships or too difficult to love. Too naive or too complicated. Too emotionally distant or too emotionally intense. These contradictions exist because autistic people are not actually being understood. We are being projected onto.
Instead of asking what autistic people want, others decide for us. Instead of listening to autistic voices, professionals, educators, and families often impose expectations that prioritize safety over autonomy and protection over agency.
But autistic people do not stop wanting love just because others find it inconvenient.
We do not outgrow our right to intimacy because our communication style makes others uncomfortable. We do not lose our right to companionship because we struggle with eye contact. We do not become less deserving of affection because we need accommodations.
Love is not a reward for social performance. It is a human need.
If you are autistic and longing for connection, your desire does not make you needy, unrealistic, or broken. It makes you human. And if you love an autistic person, your role is not to fix them into acceptability but to learn the language of how they love.
Advocacy around autism must include relationships. Too often, services, research, and education focus only on employment, schooling, or behavioral support. We forget that autistic adults also want lives filled with tenderness, closeness, and belonging.
Autistic people do not want to simply survive society. We want to belong in it.
And romance is part of that.
As I mark another year in a relationship built on understanding and adaptation, I am reminded that autism did not make love harder. It made it clearer. It removed illusions. It taught me that love is not about pretending easily, but about choosing honestly.
Autistic people do not lack the capacity to love.
What we lack is a society willing to meet us halfway.
Marie-Pier Leroux,
Autistic Advocate, Social Worker
Être autiste et aimer : un droit fondamental
L’un des préjugés les plus persistants et les plus nuisibles à propos des personnes autistes est l’idée que, puisque certaines d’entre nous vivent des différences sociales, nous n’aurions pas d’intérêt pour les relations amoureuses. Cette idée est rarement exprimée ouvertement, mais elle est omniprésente. Dans les représentations médiatiques, dans le langage clinique, dans la façon dont les adultes parlent des jeunes autistes en grandissant, et dans la manière dont la société réagit lorsque des personnes autistes expriment un désir d’intimité, de partenariat ou de mariage.
Le message est subtil, mais constant : les personnes autistes sont perçues comme intellectuellement intéressantes, mais émotionnellement détachées, socialement maladroites, mais sans intérêt romantique, complexes, mais d’une certaine façon enfantines lorsqu’il s’agit d’amour.
Ce n’est pas seulement inexact.
C’est déshumanisant.
Les personnes autistes, comme toutes les autres personnes, ont des besoins affectifs, des désirs relationnels et des rêves de connexion. Certaines personnes autistes souhaitent des relations à long terme. D’autres désirent se marier. Certaines recherchent une intimité physique. D’autres souhaitent de la compagnie sans romance, ou des liens émotionnels profonds sans désir sexuel. Il n’existe pas une seule façon d’être autiste, pas plus qu’il n’existe une seule façon d’aimer. Ce qui unit ces expériences, ce n’est pas la similarité, mais leur légitimité.
Être autiste peut rendre les rencontres amoureuses épuisantes. Cela peut signifier une difficulté avec les conversations superficielles, le fait de ne pas saisir les signaux de flirt, ou de trop analyser les interactions sociales. Les sensibilités sensorielles peuvent transformer les rendez-vous en épreuves, qu’il s’agisse de restaurants bruyants, de vêtements inconfortables ou de contacts physiques imprévus. Les différences de communication peuvent créer des malentendus, surtout dans une culture qui valorise l’implicite, les règles non dites et les devinettes émotionnelles.
Aucune de ces difficultés ne signifie une absence de désir de connexion.
Elles signifient une différence dans la manière de créer des liens.
Le problème n’est pas que les personnes autistes seraient incapables d’aimer.
Le problème, c’est que les structures sociales ne sont pas conçues en tenant compte des réalités autistes.
La culture amoureuse repose souvent sur l’idée d’un traitement rapide des émotions, d’une communication intuitive et d’une grande endurance sociale. Elle laisse peu de place à celles et ceux qui ont besoin de clarté, de rythme plus lent, de moins de stimulations sensorielles ou de routines pour se sentir en sécurité émotionnellement. Les personnes autistes sont constamment sommées de s’adapter aux normes neurotypiques, alors que ces normes, elles, sont rarement remises en question.
Ce ne sont pas les personnes autistes qui manquent de capacité à aimer.
C’est la société qui manque d’imagination.
Alors que mon anniversaire de couple approche, je réfléchis à ce à quoi ressemble l’amour lorsqu’on est autiste, et à tout le travail que la société doit encore faire pour reconnaître cette différence comme valable plutôt que déficiente. Les relations autistes exigent souvent une communication plus claire, un consentement plus explicite et des soins plus intentionnels. Ce n’est pas une faiblesse. C’est une forme de maturité émotionnelle.
L’amour, dans les relations autistes, se manifeste souvent par la constance, des routines rassurantes, une communication directe, le respect des limites sensorielles et une loyauté profonde. De l’extérieur, cela peut sembler plus discret. Cela ne correspond pas toujours aux scénarios romantiques habituels. Mais ce qui est perdu dans la mise en scène est souvent gagné en sincérité.
Nous ne sommes pas incapables d’intimité.
Nous la pratiquons souvent avec plus d’honnêteté que le monde ne l’attend.
Un autre mythe nuisible prétend que les personnes autistes seraient soit trop vulnérables pour être en relation, soit trop difficiles à aimer. Trop naïves ou trop complexes. Trop distantes émotionnellement ou trop intenses. Ces contradictions existent parce que les personnes autistes ne sont pas réellement écoutées. Elles sont plutôt des surfaces de projection.
Au lieu de demander aux personnes autistes ce qu’elles veulent, on décide pour elles. Au lieu d’écouter leurs voix, des professionnel·le·s, des éducateur·rice·s et des familles imposent souvent des attentes qui privilégient la sécurité au détriment de l’autonomie, et la protection au détriment du pouvoir d’agir.
Mais les personnes autistes ne cessent pas de vouloir aimer simplement parce que cela dérange.
Nous ne perdons pas notre droit à l’intimité parce que notre manière de communiquer met mal à l’aise.
Nous ne perdons pas notre droit à la compagnie parce que nous avons du mal avec le contact visuel.
Nous ne devenons pas moins dignes d’affection parce que nous avons besoin d’adaptations.
L’amour n’est pas une récompense pour une bonne performance sociale. C’est un besoin humain.
Si vous êtes une personne autiste qui aspire à la connexion, votre désir ne vous rend ni dépendante, ni irréaliste, ni brisée. Il vous rend humaine. Et si vous aimez une personne autiste, votre rôle n’est pas de la modeler pour qu’elle soit acceptable, mais d’apprendre la langue dans laquelle elle aime.
La défense des droits en matière d’autisme doit inclure les relations affectives. Trop souvent, les services, la recherche et l’éducation ne s’intéressent qu’à l’emploi, à la scolarité ou au soutien comportemental. On oublie que les adultes autistes veulent aussi des vies remplies de tendresse, de proximité et d’appartenance.
Les personnes autistes ne veulent pas seulement survivre à la société.
Nous voulons en faire partie.
Et l’amour en fait partie.
Alors que je célèbre une autre année dans une relation fondée sur la compréhension et l’adaptation mutuelle, je me rappelle que l’autisme n’a pas rendu l’amour plus difficile.
Il l’a rendu plus clair.
Il a fait tomber les illusions.
Il m’a appris que l’amour n’est pas une question de masques, mais de choix.
Les personnes autistes ne manquent pas de capacité à aimer.
Ce qui nous manque, c’est une société prête à faire sa part.
Marie-Pier Leroux
Militante autiste, travailleuse sociale
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